Avril s’avance en voleur, en magicien,
Il glisse un givre aux doigts du matin,
Puis d’un souffle audacieux, malicieux,
Il déploie un soleil trop soudain.
Ce matin encore, devant l’armoire ouverte,
Je reste là, perplexe, la main en l’air :
Écharpe de laine ou veste légère ?
Avril rit sous cape, il n’en a cure.
Les prévisions, ces oracles menteurs,
Promettent l’azur, mais livrent la bise.
On scrute le ciel, on compte les nuages,
Et le vent se moque, impassible et gris.
Un jour, c’est l’été qui frôle nos joues,
L’autre, l’hiver mordille nos nuques.
Avril joue aux dés avec les éléments,
Et nous, pions tremblants, perdons nos certitudes.
Ô mois trompeur, roi des faux-semblants,
Tu danses entre gel et tiédeur,
Tu voles nos certitudes, nos plans,
Et sèmes le doute en chaque cœur.
Pourtant, dans ce chaos de ciels changeants,
Il y a comme un charme, une folie douce :
Celle d’un temps qui n’obéit à rien,
Pas même aux lois que la raison annonce.
Alors, je prends mon manteau, puis mon chapeau,
Un parapluie, au cas où, par prudence.
Avril, je sais ton jeu, tes tours, tes pièges
Mais je t’aime ainsi, dans ton imprévoyance.
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