Quand vient le soir paisible aux rives de l’étang,
Le soleil peu à peu disparaît doucement ;
Sur les eaux assoupies, dans un calme profond,
Les barques des pêcheurs tranquillement s’endorment.
Amarrées près du bord, elles semblent patienter,
Prêtes dès le matin à pouvoir repartir ;
Leurs filets bien rangés attendent de servir,
Et leurs pêcheurs bientôt pourront les retrouver.
L’eau berce lentement leur coque familière,
Dans le silence doux de la lumière crépusculaire ;
Elles songent peut-être aux prochaines sorties,
Aux poissons espérés dès les premières lueurs de la vie.
Mais plus loin, sur la rive, un autre sort apparaît :
De vieilles embarcations que le temps a maltraitées.
Leurs planches sont brisées, leur peinture a pâli,
Et leurs pauvres carcasses semblent avoir tout subi.
Elles ne connaîtront plus les matins sur l’étang,
Ni les retours joyeux après quelques longs instants ;
Leurs filets ne serviront plus jamais à pêcher,
Et leurs rames fatiguées ne pourront plus avancer.
Pourtant, ces vieux bateaux, silencieux et usés,
Gardent dans leurs flancs des souvenirs oubliés :
Des départs matinaux, des retours de pêcheurs,
Des journées sur les flots et parfois des bonheurs.
Ainsi, quand vient le soir et que tout devient calme,
L’étang semble offrir aux barques une étrange palme :
Certaines attendent demain pour reprendre le large,
D’autres attendent que le temps les efface de la berge.
Et sous le ciel du soir, dans cette douce clarté,
Les unes ont encore l’espoir de naviguer ;
Les autres, vieux témoins d’un passé désormais lointain,
Reposent sur la rive… jusqu’à leur dernier matin.
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